Boogie
Expositions :
NOLI ME TANGERE
ART - O - RAMA
Présentation :
Boogie, 38 ans, vit à Brooklyn, NY depuis une quinzaine d’années.
Une jeunesse serbe pendant les années de plomb, une main heureuse à la loterie
des cartes vertes américaines et quelques années plus tard, Boogie, de son surnom,
est passé maître dans l’art du documentaire photographique des communautés
urbaines parallèles.

Thématique choisie dès ses premiers travaux, Boogie est également resté fidèle tout
au long de sa quinzaine de reportages à une photo noir et blanc des plus classiques.
Cela a de quoi surprendre s’il on parcourt l’historique de ses séries focalisées sur la
contemporanéité des maux qui gangrènent l’espace urbain. Sollicité par le New York
Times, le Time Magazine, Rolling Stone, Maxim, Play Boy …. et plus récemment par
Nike, pour une très médiatique campagne de pub, l’oeuvre de Boogie s’est organisée
en « chroniques de ghettos » : jeunesses néonazies de Belgrade, Brooklyn et les
gangs noirs, drughouses, l’artiste n’épargne aucun tabou social au spectateur et
s’attaque aux combats journaliers de populations marginales dans des banlieues
sombres qu’il a lentement, cérémonieusement infiltrées jusqu’à se fondre totalement
dans le paysage, comme « la mouche sur le mur » (sic). Et on le croit aisément à se
confronter à la violence voire au sordide de certaines images, ou à l’instantanéité de
certaines autres.

Pourtant, la démarche de ce jeune photographe est toute en délicatesse,
accomplissant un travail ethnographique remarquable dans des mondes de déviance
traditionnellement clos, fruit de ses déambulations dans l’indicible urbain et de ses
observations (- non-participantes) de l’humain dans son intimité. Au bout du voyage,
des images aux antipodes des clichés glamour du rap américain, Boogie capture la
« vie vraie » et dévoile les fantômes qui hantent les grandes villes modernes.

C’est très fort, mais jamais trop, l’artiste ayant placé au centre de tout un respect
inaltérable pour ceux dont il capture visuellement l’existence et sa noirceur.
Boogie nous emmène loin, au delà de la curiosité ou du voyeurisme et livre un
document visuel captivant, une photo d’art qui libère une impression graphique, une
énergie et un plaisir esthétique intenses. Made in Boogie.
Aude Abensour.


Skins, Ein Volk, Ein Reich..., 2007 
Gangs, Pittbul, Brooklyn, 2003 
Gangster gun and crack cocaïne, Booklyn, 2007 
Seringues, Brooklyn, 2007 
Projects , Sao Paulo, Brazil, 2007 
Belgrade, Gipsy boys hanging out, 1997 
Belgrade, Old lady in the park, 1997 
Belgrade, Anti-protest Police, 1996 
Boogie - Demon series, Lilith, 2010