Joey Haley
Expositions :
NOLI ME TANGERE
Vernissage jeudi 21 octobre 2010 - Paintings and Drawings
Présentation :
Des visages Hérétiques

J’ai lu un entretien où Francis Bacon a dit "je n'ai jamais essayé d'être terrifiant." La citation est un bel exemple d’un point de vue neutre- une chose que Bacon n'a jamais essayé d'être, il était l’un des meilleur artiste depuis Bosch. Haley semble avoir le même point de vue. La technique d'Haley est si fine et subtile que dans sa démarche picturale, il doit être impossible pour lui de rendre les choses monstrueuses, pas avec un coup de pinceau si facile à manier.

J'estime que la similitude la plus stupéfiante qu’il y a entre le travail de Joey Haley et celui de Francis Bacon se situe dans la rapidité d’exécution et la spontanéité du coup de brosse.

Haley est capable de créer un visage ou une forme en mouvement par un simple coup de pinceau - mon Dieu, je pourrais évoquer encore et encore le trait d'Haley, sans même prendre en considération sa palette - mais plus que la technique d'un maître, le travail d'Haley répond au sujet de Bacon, ce sujet que Bacon appelait « un état de malaise ».

Oui, la distinction est bien là, il n'y a rien de terrifiant dans ce que Bacon peint, sa technique est impeccable, le sujet est dans un état de malaise. En un coup d’œil, on perçoit l’aisance dans le trait d’Haley, il donne à sa peinture une impression de facilité et toute la difficulté se trouve dans l’évocation du sujet.

Si je devais essayer de récapituler son travail, le malaise serait le sujet le plus constant dans le travail d’Haley. Bacon continue à dire qu'il a toujours espérer faire comprendre aussi directement et crûment que possible les choses et peut-être qu’alors les gens estime que c'est monstrueux …

Parce que les gens ont tendance à être offensé par des faits ou ce qui a l'habitude d'être appelé la Vérité. Pas l’horreur alors mais la Vérité. La vérité est que nous sommes dans un état de malaise. La représentation est dans un état de malaise. La peinture est un médium difficile.

Le travail de Bacon traite les aspects de médiums fragmentés, ses hommages à l'histoire de l’art Chrétienne était référencé avec hérésie au montage cinématographique, à la photographie de scène de crime, aux récits pornographique, à tous les appareils photographiques qui annoncent et déforment la réalité et les inventions pulpeuses de "Daily News" qui affirment consciemment l'altération.

Ajoutez aux déformations de Bacon tous les autres médias d'aujourd'hui, imaginez chacun de ces écrans projetés sur les compositions d'Haley, étalés sur ses visages jusqu'à devenir obscures, sur les bouches béantes qu’il peint, les regards qu’il rend flous, les traits décharnées des pommettes et du cou, des figures aliénées dans une époque où la haute résolution est une aspiration.

Et ce qui est brouillé sont des visages réels. On ne voit presque jamais les vrais visages, on ne regarde pas les uns les autres dans les yeux, on ne remarque pas les boutons, les grains de beauté, les rides du cou, jusqu'à ce qu’il soit trop tard. Combien de fois regardons-nous fixement le visage d'un ami ? Remarque t-on leur peau ou les connaissons-nous mieux à travers des images ?

Haley sait comment dépeindre nos visages comme dans un rêve, les indications floues de formes de la vie, notre paysage est rempli de suggestions de conspiration, il semblerait que chaque zones industriels chaque des laboratoires d’expérimentations, nos esprits sont habités de monstres imaginaires, Internet est fait de rendez-vous virtuels et nous avons perdu la distance entre nos vies réelles et nos sombres désirs.

Lee Henderson

Joey Haley 
Untitled, 2010 
Untitled, 2010 
Untitled, 2010 
Untitled, 2008 
Untitled, 2008