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When crooks roam the streets
Présentation :
THE ERS Olivier KOSTA-THÉFAINE Barry McGEE Jon NAAR Aurélie SLONINA
Urbain comme le métal. Le nouveau territoire défendu par l’exposition When Crooks roam the street est une descente de nuit dans des contrées qui fleurent bon le danger, où l’on aime à se sentir profondément vivant. C’est un peu comme le New York Downtown de la fin des années 1970 où les rues craignent, voient défiler junkies, gangs et bad boys, mais sont en même temps le théâtre d’une des scènes les plus importantes en terme d’émulation artistique. C’est l’avènement de ce que l’ « on prend à l’extérieur et que l’on met à l’intérieur » dixit le Pape Art de l’époque. Seulement voilà, Basquiat, Haring, Scharf, Salle, etc, ne sont pas des graffeurs. Ils sont des artistes. C’est la leçon retenue par les dix participants de ce Summer Show.
On retrouve dans cette profusion d’œuvres, un éclatement des expressions et une volonté commune de bouleverser les codes. On assiste à une réappropriation de la rue par l’art. Pas un déplacement, une transgression. Une envie de redéfinir un street art devenu vaporeux, voire fumant. D’autant plus que le graff est l’expression d’une révolte qui ne l’est plus désormais. C’est comme être punk aujourd’hui. Le combat a changé, le regard aussi. Seul l’art est à même d’être révolutionnaire. Faites de l’art, pas la guerre ; ou faites de l’art une guerre. C’est ainsi que, fleur au fusil, Aurélie Slonina interroge notre regard sur l’urbanité et s’amuse de notre besoin (in)assouvi de nature. Lionel Scoccimaro se joue du réel et des réalités alors qu’Eric Pougeau pose la mort des idées reçues, réaction à fleur de peau, voire à peau de fleurs. Les photographes Jon Naar et Boogie proposent deux visions de la rue qui se complètent et se répondent, entre couleur et douleur, bichromie et mouvement. Julien Beneyton et Pablo Cots, en peintres avertis et émérites, lient le classicisme pictural à des thématiques populaires. Figure de proue du mouvement, Barry McGee donne une leçon en trois dessins, trinité de perfection formelle et de maîtrise du signe qui fait écho à la débauche de la nouvelle génération incarnée par le collectif belge E.R.S., offrant une installation entre expansion et intégration. Olivier Kosta-Thiefaine quant à lui apporte une pointe d’ironie bienvenue, travestissant le graffiti dans un statement warholien aux relents conceptuels.
Dans la continuité de Dripsy, When Crooks roam the street avance d’un pas. Tendu, précis, le « show » invite à un parcours sans concession. Entre violence et légèreté, débordement et rigueur, l’atmosphère est emplie de ces brouillards de chaleur estivaux, propices aux effusions et aux visions déréglées. When Crooks roam the street, une exposition à couteaux tirés.
Benjamin Bianciotto
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