BEND SINISTER

Du 30/05/2009 au 04/07/2009

Artistes :
Elodie Lesourd
PRÉSENTATION :

Bend Sinister – Elodie Lesourd

 

C’est le bureau vide et anonyme de Paranoïd Park de Gus Van Sant que l’on fixe alors que les acteurs parlent dans le fond. C’est la note glissée, trop loin, brisant l’harmonie du solo de The Man who sold the world de Nirvana, rayant l’équilibre de Bowie. Imperceptibles mais fondamentalement révélateurs. La nouvelle exposition d’Elodie Lesourd, Bend Sinister, fonctionne sur le même principe, utilisant à l’envers le « décentrement » photographique. Ses peintures rectifient notre vision par le décalage qui permet d’exposer le mystère et entrapercevoir ce qui nous était caché.

 

S’inspirant de la technique du « tiré » en guitare, le bending se veut ici le principe de glissement, de remise en question de l’œuvre, de son statut et de sa monstration. Passant de  la transposition critique à la superposition narrative, les dernières pièces sont toujours à saisir d’un point de vue conceptuel. Ainsi, l’ensemble des peintures regroupées dans Only Rock, tentant une étude sociologique, ethnographique du rock, nous conforte dans l’idée que son travail est avant tout analytique, et perpétue sa pratique hyperrockaliste*.

 

Dans Bend Sinister, comme à son habitude, le travail d’Elodie Lesourd fonctionne comme un mille-feuille de références, une gourmandise intellectuelle, un tourbillon artistique. Simple exercice : on retrouve dans Bend Sinister, l’héraldique, le roman éponyme de Nabokov, le titre d’un album de The Fall (reliés à la Chute) et, alors que vous commencez à apercevoir le réseau de références qui se tissent, vous comprenez soudain comment, par le décrochage, le déplacement, le décalage, le système vous entraine, vous éclaire et vous perd. Surtout qu’avec un peu de chance vous devinerez la Nouvelle-Zélande, des Strokes criminels, des chevelus fantomatiques, des lustriers américains, des punks vaniteux, Morton Feldman en chemise à carreaux et bien d’autres choses ; pour un peu que vous creusiez à votre tour. L’avantage c’est que vous pouvez aussi parcourir ce dédale de possibilités simplement, les yeux fermés, guidés seulement par l’évidence esthétique de la peinture. C’est à vous de voir.

 

Comme un symbole, la galerie Olivier Robert elle aussi se décentre, se recentre même. Elle célèbrera, à l’occasion de l’exposition Bend Sinister d’Elodie Lesourd, l’ouverture de son nouvel espace, au 5 rue des Haudriettes à Paris.

 

*nom donné par l’artiste à son processus de transposition d’installations en peinture mêlant esthétique rock et rendu hyperréaliste.

 

Pour toute information complémentaire :

Galerie Olivier Robert

T. 01 43 25 31 87     

info@galerieolivierrobert.com

www.galerieolivierrobert.com      

     

Koh / Violette, 2008 
Vargsmål, 2007